L'allergie à l'iode?... Ca n'existe pas

Contrairement à une idée reçue, l'allergie à l'iode n'existe pas. On peut être allergique aux produits iodés mais l'iode n'y est pour rien ...

L'allergie à l'iode?... Ca n'existe pas

Des manifestations aussi diverses qu’une urticaire après consommation de poisson ou de crustacés, des troubles digestifs après ingestion d’huitres, une éruption après application d’un produit désinfectant iodé, ou une réaction après injection de produits iodés dans le cadre d’examens radiologiques, sont souvent étiquetées « allergie à l’iode ». Et pourtant: l’allergie à l’iode n’existe pas !! L’expression, encore trop souvent employée pour simplifier l’explication de ces diverses situations, ne correspond en effet à aucune réalité physiopathologique.

 L’iode est d’ailleurs nécessaire à notre organisme dès les premières semaines de vie, notamment pour le développement neurologique et la fabrication des hormones thyroïdiennes, avec des besoins journaliers estimés entre 100 et 150 microgrammes par jour. On en trouve dans quelques aliments comme les poissons, les algues, les produits laitiers, les œufs et les céréales, et le sel de table que nous consommons en France est enrichi en iode pour prévenir les carences dans la population.

Alors à quoi correspondent les problèmes pour lesquels on parle, à tort, d’ « allergie à l’iode » ?

Les réactions d'intolérance aux poissons et aux crustacés

La survenue d’un angio-œdème et/ou d’une urticaire après consommation de poissons ou de crustacés peut résulter d’une authentique allergie alimentaire: la réaction est alors liée à la présence d’anticorps IgE dirigés contre une ou plusieurs de leurs protéine(s) comme la parvalbumine des poissons ou la tropomyosine des crustacés, qui sont des allergènes bien identifiés.

Mais certaines éruptions rapportées à la consommation de « produits de la mer »  peuvent aussi correspondre à de fausses allergies alimentaires : c’est alors la richesse en histamine ou autres amines des aliments, ou leur capacité à faire libérer l’histamine, qui est impliquée.

La scombroïdose est un cas particulier d’intolérance faisant suite à la consommation d’un poisson dont la chair s’est beaucoup enrichie en histamine suite à la transformation de son histidine par une prolifération bactérienne elle-même consécutive à une rupture de la chaine du froid : quelques minutes et jusqu’à deux heures après l’ingestion du poisson contaminé (thon, maquereau, dorade, espadon, sardine) apparaissent, à des degrés divers, des bouffées de chaleur, un flush du visage, une urticaire, des maux de tête, des brûlures bucco-pharyngées, des nausées, des vomissements, une diarrhée et/ou une accélération du rythme cardiaque.

 Aucune de ces situations n’est liée à la présence d’iode dans les aliments.

Les réactions aux produits de contraste iodés

Les produits de contraste iodés utilisés pour la réalisation de certains examens radiographiques ou scanners peuvent être responsables de réactions allergiques et/ou de manifestations cliniques ne relevant pas d’un mécanisme allergique, à type d’éruption cutanée, d’œdème ou de malaise. Là encore l’iode n’est pas impliqué dans ces intolérances, qui sont dues à la molécule sur laquelle il est fixé.

Les réactions aux antiseptiques iodés

Les antiseptiques iodés, et en particulier la povidone iodée, sont parfois responsables d’allergie de contact ou d’allergie péri-opératoire mais la responsabilité en incombe à la povidone et non aux ions d’iode.


 Dans tous ces cas l’iode, incriminé à tort, est donc innocent !
L’ « allergie à l’iode » n’existe pas…

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